Pourquoi ce que vous vous dites sur vous-même ne sert à rien

  • Vous arrive-t-il parfois d’entendre une petite voix dans votre tête vous disant des choses comme :

    • « tu devrais perdre 4 kilos »,
    • « tu devrais te lever plus tôt »,
    • « tu devrais faire plus d’exercice »,
    • « tu ne devrais pas manger ça » ?

    Explorons ensemble ce qu’il se passe en réponse à cette petite voix.

    Pourquoi cette petite voix ?

    Ces douces phrases résonnant dans votre for intérieur sont des jugements sur vous-même.

    Nous avons de très bonnes raisons de fonctionner comme cela d’ailleurs : en nous jugeant et nous critiquant, nous pensons que nous allons plus facilement nous motiver à agir.

     

    jugement sur nous-même

    C’est normal, depuis tout jeune, le jugement de nos parents et de nos proches est ce qui nous a permis d’apprendre à faire les choses « correctement ». Nous continuons donc à nous juger parce que nous croyons que cela fonctionne.

    Prenons un exemple.

    L’histoire d’Edouard

    Imaginons un homme de 45 ans et appelons Edouard.

    Edouard est cadre dans un grand cabinet comptable et travaille beaucoup. Il a eu une crise cardiaque et est censé surveiller son régime alimentaire.

    Juste après son attaque, il évite le sucre, les graisses et la suralimentation mais, au bout de six mois, il retrouve ses anciennes habitudes. Edouard ressent donc de la colère contre lui-même lorsqu’il mange trop et ingurgite comme hier soir un immense dessert en fin de repas.

    En interrogeant Edouard, on apprend qu’il était au restaurant avec un gros client. Ce dernier lui a posé une question à laquelle il n’a pas su répondre. A cet instant, il s’est senti stupide. Puis peu à peu, une sorte de tristesse et un sentiment de vide se sont emparés de lui.

    En continuant à questionner Edouard, on s’aperçoit que c’est alors précisément à cet instant où il s’est mis à commander un nouveau plat et plusieurs desserts. Edouard apporte ainsi une réponse à cette sensation de vide qu’il déteste.

    Quel est le mécanisme qui se joue ici ?

    Lorsque vous vous jugez en vous disant : « je suis stupide », vous abandonnez votre enfant intérieur. Vous vous séparez d’une partie de vous-même.

    En conséquence, cette partie se sent seule, triste et vide. Comme Edouard, vous vous jugez parce que vous ne connaissez pas la réponse à une question puis vous vous jugez de nouveau car vous avez trop mangé.

    Vous espérez pouvoir vous contrôler et modifier votre comportement en énonçant ces jugements.

    Pourtant, cela ne fonctionne pas. Le fait de vous juger au départ (« tu es nul tu ne sais même pas ça ») vous fait vous sentir mal, et donc manger plus. Au lieu de vous donner plus de contrôle, le jugement sur vous-même vous en donne moins.

    Une partie de vous se met en résistance et, à force d’être jugée et de se voir imposer ce qu’il faut faire, elle pète un cable. Vous finissez par faire le contraire de ce que vous vous dites.

    Vous voyez le cercle vicieux… ?

    Le premier petit pas

    Aussi longtemps que vous le faites inconsciemment – en mode pilote automatique – vous n’avez pas d’emprise sur cette partie.

    La première chose que vous pouvez faire est de ne pas essayer de changer ce comportement. Simplement de le remarquer.

    Vous allez me dire : « mais je ne veux pas juste le remarquer, je veux arrêter de me goinfrer moi « !

    Je sais. Simplement, vous devez d’abord passer par une phase de douceur et d’acceptation.

    Choisissez d’être aimant et attentionné envers vous-même. C’est de cette bienveillance que viendra votre changement et votre alignement et non de votre lutte.

    En luttant contre une partie de vous-même, vous la renforcez.

    Puis, pour mettre plus de conscience sur votre mode de fonctionnement, commencez par remarquer à chaque fois que vous sentez ce sentiment de tristesse et de vide, puis explorer immédiatement ce que vous vous êtes dit qui a conduit à cette sensation douloureuse.

    Remontez le fil, et trouvez la racine. Puis éliminez-là.

    Qu’en pensez-vous ? Cela vous parait une bonne façon de faire ?

    7 commentaires

    1. berber

      La Pleine Conscience de la meditation!!
      Ne rien faire, ne rien changer, juste observer le plus attentivement, precisement possible ce qui se passe en nous (pensees, sensations, perceptions exterieures, constructions mentales, ..)
      d’une efficacité redoutable!!

    2. Notre pire juge, finalement, c’est nous-même…
      Merci Greg pour ce précieux rappel !

    3. Marc

      Hello! Je me parle très souvent négativement dans ma tête et je suis souvent dure avec moi. J’essaie de changer mon langage interne en positif et cela ne marche pas trop. Donc il faudrait plutot que j’observe mes pensées négatives sans les modifier si j’ai bien compris ?

      • Salut Marc,

        Oui, c’est ça, c’est une des techniques possibles. Il en existe plein d’autres pour contrer ses pensées toxiques.

        Un mini-ebook sur le sujet va bientôt voir le jour :-)

        Amicalement,

        Grégory

    4. Bonjour Grégory
      J’écrivais dans un de mes derniers articles que les optimistes avaient conscience d’être optimiste, alors que les pessimistes n’avaient pas conscience de l’être.
      Et comme tu le dis, si on ne l’a pas remarqué, on ne pourra pas le changer.

    Répondre à Jérôme Annuler la réponse.

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